Entrez le nom de la nouvelle playlist

 

t f r
^

MELISSA LAVEAUX – Angeli-ko

Esprit de résistance, poésie créole et parfum d’ailleurs pour ce mood of the day… Un superbe hommage en musique et en images à l’histoire et aux habitants de Haïti, servi par l’une de ses plus belles ambassadrices…

‘De 1915 à 1934, les États-Unis d’Amérique occupent et dirigent Haïti. A leur manière, les Haïtiens ont préservé leur liberté, leur culture et leur force de vie.’ C’est sur ces mots que débute le joli clip animé d’Angeli-ko, extrait du troisième album ô combien réussi et salvateur de Mélissa Laveaux, Radyo Siwèl sorti début février sur le label indé parisien No Format!. Reprise inspirée d’un chant traditionnel haïtien écrit par Auguste Linstant de Pradines en 1920, Angeli-ko raconte l’histoire de la femme d’un militaire américain incapable de tenir sa maison, et dont le mari excédé lui dit de rentrer chez sa mère. ‘Une manière pour les Haïtiens de dire aux Américains, rentrez chez vous. Vous ne savez pas comment ça fonctionne ici’, explique la chanteuse, musicienne et compositrice née à Montréal de parents haïtiens il y a 33 ans. 

Tout au long des 12 pépites qui composent ce nouvel album, dont Nan Fon Bwa (moods sunny & around the world) qu’on avait partagé en décembre, l’artiste canadienne aux influences plurielles et à la voix si singulière (mood of the day du 21 janvier 2013) nous invite à plonger dans les racines musicales et politiques de son pays. Et c’est un vrai enchantement que de l’écouter nous chanter en créole l’histoire tortueuse de son pays, et plus particulièrement l’occupation de l’île par les Etats-Unis de 1915 à 1934. Ou comment résister à la colonisation américaine quand on a été ‘la première République Noire’ à s’affranchir de l’esclavage et à proclamer son indépendance 110 ans plus tôt, après avoir longtemps été la colonie française de Saint-Domingue.

Réalisé par Marion Castéra & Kelzang Ravach à partir de tableaux colorés faits à la main, le clip d’Angeli-ko ajoute pourtant ce qu’il faut de douceur et de poésie pour parler de cette période sombre et sensible, la folk métissée et lumineuse de Mélissa faisant le reste. D‘abord imaginé comme un album hommage à Martha Jean-Claude, figure emblématique de la musique haïtienne et symbole de la résistance face aux dictatures successives qui ont tourmenté le pays, Radyo Siwèl s’est finalement mué naturellement en un projet plus large, suite aux différentes trouvailles de la canadienne dans son pays natal. Résultat, c’est un patchwork de chants militants et contestataires joués à l’époque par les orchestres folkloriques haïtiens, les ‘bann grenn siwèl’, qu’elle reprend et interprète avec son style bien à elle, électrique et plein de fougue, le tout imprégné de la culture vaudoue et des rythmes caribéens qui caractérisent Haïti.

Un disque intemporel et joliment exotique qu’on compte bien voir interprété en live par Mélissa Laveaux, en tournée actuellement. Elle se produira par exemple demain au Rich Mix à Londres, le 26 avril au Botanique à Bruxelles, le 2 mai à l’Aéronef à Lille pour une soirée No Format! aux côtés de Gérald Toto, le 4 à la Sirène à La Rochelle ou encore le 9 novembre à la Gaité Lyrique à Paris. Les dates en détail ICI.

«
 

Share

Twitter Facebook Del.icio.us Digg LinkedIn StumbleUpon

Reply