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PROTOMARTYR – Don’t Go To Anacita

Post-Punk méchamment d’actualité et ascension sans fin pour ce mood of the day… Un concentré de rock nerveux, de rage, de poésie moderne et de désenchantement…

Ca faisait longtemps qu’on ne s’était pas pris une aussi belle claque rock. Il faut dire qu’entre ses textes ciselés et abrasifs qui dépeignent avec justesse la folie et l’injustice qui gangrènent notre chère société capitaliste et sa voix rocailleuse et enragée, qui rappelle par moments celle de Ian Curtis de Joy Division, Joe Casey, frontman du quatuor, sait comment nous parler et nous tenir en haleine de bout en bout.

La petite bande de Détroit – Greg Ahee (guitare), Scott Davidson (basse) et Alex Leonard (batterie) – a publié il y a quelques semaines via Domino son quatrième album, Relatives in Descent, qui fait suite à The Agent Intellect sorti sorti en 2015 chez Hardly Art. Et malgré les mélodies percutantes et les riffs acérés qui donnent instinctivement envie de pogoter, ce nouvel album, enregistré au printemps dernier en 15 jours avec Sonny DiPerri (Animal Collective, Dirty Projectors), a quelque chose de sombre et de dystopique qui fait froid dans le dos. Normal nous direz-vous, entre les inégalités qui se creusent, la désinformation de masse et l’accession de Trump au pouvoir, il y a de quoi être désabusés, et pas qu’un peu.

C’est d’ailleurs ce qui a inspiré Don’t Go To Anacita, notre gros coup de coeur de l’album avec l’addictif et impétueux My Children (moods news, rock & wild) et A Private Understanding, son titre d’ouverture aussi tendu que percutant (mood rock). Le soir des résultats de l’élection présidentielle, Protomartyr jouait à Las Vegas et s’est  réveillé comme beaucoup d’américains avec une vilaine gueule de bois. Avant de reprendre la route, Joe et ses acolytes passent alors au Whole Foods Market du coin, une enseigne US de produits biologiques récemment rachetée par Amazon, et le contraste entre leur dépression latente et les grands sourires des gens venus acheter leur dose de bonne conscience bio à prix d’or, comme le fameux ‘kombucha’ cité dans la chanson, a laissé un goût amer au songwriter et chanteur américain, frappé de voir tous ces gens poursuivre leur petite vie comme si rien ne s’était passé.

Ville côtière imaginée par Casey, comparable dans la réalité aux villes riches de la côte Ouest, Anacita est décrite comme le paradis des libéraux, ‘qui ferment les yeux et rêvent de technologie et de kombucha’, sans se soucier des disparités qui empoisonnent la cité ni de la précarité qui touche les classes moyennes et les plus démunis, ici voués à frotter indéfiniment les marches d’un escalier sans fin, rendu célèbre par l’artiste néerlandais Escher le siècle dernier, en espérant de ne pas finir jetés en bas par d’étranges gardes habillés de noir et cagoulés d’un long sac en papier rappelant la marque du Ku Klux Klan… Une perpétuelle escalade de la violence sociale, le tout bien orchestré.

A noter que Protomartyr est actuellement en tournée en Europe et passera par le Bi Nuu à Berlin le 6 novembre, le Rottown à Rotterdam le 11, le Dome Tufnell Park à Londres le 14, le Whelan’s à Dublin le 18, le Botanique à Bruxelles le 21, le Grand Mix à Tourcoing le 22, l’I-Boat à Bordeaux le 24 ou à la Maroquinerie à Paris le 25 novembre. Les dates en détail ICI !

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